L’acronyme WTF signifiant « What the fuck ! » littéralement « C’est quoi ce bordel ! » fait partie de ces codes qui régissent la communication sur Internet. On a beau croire que tout le monde peut naviguer sans entrave sur la toile, des barrières subsistent construisant des espaces d’expression aux frontières (hyper)textuelles. Le WTF en est-il le symbole ?
Je ne vais pas m’attarder sur le portrait de l’Américain moyen jurant à tout bout de champ à base de fuck, de fucking truc ou de fucking bitches. Mais l’essence du WTF vient de là, de cette middle class qui a succombé à l’appel de l’informatique entre un offre promotionnelle chez Walmart et une pub Dell calée entre deux clips hot sur MTV. Les entrepreneurs du web ne sortent pas du 18ème trou d’un parcours de golf, les bâtisseurs du web sont des autodidactes qui à force de cartes-mères cramées sur l’autel de l’octet ont construit des dispositifs d’échange et d’interaction.
Le passage des codes de programmation aux codes de langage ne s’est pas fait en un jour. Mais les acronymes, les abréviations et autres sigles subsistent. Ils remplacent les onomatopées, transcrivent la surprise, le rire, le n’importe quoi. Ils sont l’articulation entre le signifiant et le signifié, l’association entre l’acoustique et le sémantique. L’utilisation de ces abréviations a entre autres explosé à cause des contraintes techniques d’écriture. Le SMS limité à un certain nombre de caractères a imposé de nouveaux codes d’écriture, aujourd’hui le microblogging (Twitter en fait) originellement calqué sur le champ d’expression du SMS perpétue ces usages.
Le LOL démocratique
Si le LOL (lots of laughs) s’est largement démocratisé, on ne peut pas en dire autant de son compère le WTF. Cette remarque, je me la suis faite en devenant un adepte des chats professionnels. Pour faire avancer les projets les plus abracadabrantesques, passer quelques dizaines de minutes sur un chat peut-être fort utile. Les entreprises l’ont bien compris et ont mis en place des outils d’instant messaging. Il est donc plus qu’intéressant de découvrir avec des communautés nouvelles, les usages et habitudes d’écriture. Le verdict est simple, le LOL est utilisé mais pas les autres.
Si je dois me risquer à expliquer ce phénomène, je dirais que le WTF c’est l’illusion qu’Internet est réservé à une population jeune et technophile. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que la symbolique véhiculée par cet acronyme est celle des origines du web, d’une communauté qui communique par code et qui s’émancipe en dépit des autres, qui s’autosuffit.
Des barrières textuelles
La mise en place de barrières textuelles ne diminuera pas, malgré cela la proportion d’utilisation risque de diminuer. Twitter se développe à grande vitesse, c’est pourquoi il est absurde de prévoir la baisse d’occurrence du WTF. Mais les populations ayant récemment découvert internet et ayant vaillamment dépassé les premières frontières technico-sémiotiques de l’outil représentent des volumes de connexion considérables qui n’atteindront le WTF que dans quelques délicieuses années.
Alors il en aura coulé de l’eau sous les ponts avant que ton padre lâche un WTF sur Facebook en commentaire d’une photo où tu es salement taggué au cours d’une soirée striptease en Thaïlande.




Tiens, on eu la même idée, WTF pour les nuls.
http://www.mood-for.fr/decouvrez-abreviation-wtf/
Je suppose que la prochaine étape de cet article est d’expliquer le :
OMGWTFBBQ .
@Antoine : Les grands esprits se rencontrent.
J’avais aussi pensé parler du whenTF et whoTF (le plus intéressant des deux soit dit en passant) mais j’avais peur d’aller trop loin.
BTW, Mood for est maintenant dans mon reader !
@Leitmotiv : BBQ est mon préféré !
Pas mal, si ce n’est que LoL ne signifie pas « Lots of laughs » mais bien « Laughing out loud » d’après le net.
cest un chien qui marche a deux pattes mon chien fait aussi ca