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Guide pour mec : j’ai testé les magazines féminins

Les magazines féminins, on s’y retrouve… quand on est une femme! Pour le reste de la population, à savoir majoritairement des hommes en perte de repères, ça reste tout de même un sacré bazar. Les magazines people, les modes, les familles, c’est à en perdre son allemand. Das ist eine grosse problem. En effet, il est important que les hommes savent décrypter ce brin de littérature, cette lecture de plage. C’est pourquoi je tente d’établir un modeste guide avec des indicateurs qui nous parlent à nous, les hommes.

Je ne le vous cache cet article fait déjà débat. J’ai eu droit à une levée de bouclier de la part de mesdames mes proches sous prétexte que cette petite analyse sociologique caricaturerait leur comportement de consommation en parutions hebdomadaires et mensuelles. C’est sûrement vrai, mais le niveau de connaissance au raz des pâquerettes de leur homologues à la pomme d’Adam justifie ce choix peu courageux.

Les indicateurs* que nous utiliserons sont les suivants :

  • Le nbr de pages mode homme, il faut bien trouver une justification valable pour feuilleter ces magazines.
  • Le nbr de pages sex, parce que c’est toujours intéressant de voir ce qu’il se passe de l’autre côté de la route.
  • Le niveau d’agression publicitaire, alors apparemment les pubs dans les magazines féminins participent à l’esthétique générale de l’ouvrage. Soit…
  • Le taux de pages inutiles, parce que l’on feuillette plus qu’on lit.
  • La localisation de la lectrice moyenne (indicateur purement non-scientifique)

*Les conditions de mesure ne respectent aucun principe fondamental de la métrologie

C’est parti !

Glamour

Je commence par Glamour. Mini format, la couverture est chargée, il me semble parfait pour commencer mon étude. Glamour semble être avec Cosmo un des seuls survivants d’un courant où les people étaient encore des stars – c’est à dire des stars sans défaut, à imiter pour avoir une vie parfaite et non pas les stars alcooliques, héroïnomanes qui se tondent le crâne pour frauder l’assistante sociale. Après avoir passé une petite demi-heure à feuilleter – oui, on peut difficilement dire qu’on lit Glamour – j’ai une impression de neutralité folle, comme après mangé une salade niçoise, le sentiment qu’il ne s’est rien passé pendant ces dernières 30 minutes, comme une vache qui regarde passer un train. En tant que mec, je dois dire que l’intérêt est plus que minime, les pages sex sont d’une banalité folle et les conseils concernent surtout la santé et la nutrition. Heureusement que l’on s’intéresse un peu à la mode homme sinon pour le reste c’est vide de sens comme un McDo à l’aube…

Nbr de pages mode homme : 4 pages
Nbr de pages Sex : 4 pages (pour s’aligner sur la mode homme vraisemblablement)
Niveau d’agression publicitaire : acceptable
Pages inutiles : 65%
Localisation : Paris (Châtelet – Les Halles)

Applicable aussi à Cosmopolitain

Elle

Elle, c’est l’historique. Le grand patron des féminins, c’est comme ça que je le perçois. Si vous atterrissez chez une fille qui lit Elle, il y a de grandes chances pour qu’elle est faite des études (ou qu’elle soit entrain d’en faire). A la grande différence des autres, Elle nourrit du fantasme masculin. La femme Elle n’est ni une milf ni une cougar mais c’est une femme sur d’elle (ah !), un peu Barbara Gould en somme. Mais Elle c’est du fantasme et de l’abstraction surtout parce que je n’ai jamais eu le courage de le lire. Il est bougrement épais et pas avare en espace pub.
Qu’est-ce que nous apprend la lecture de Elle ? Feuilleter l’hebdo donne bonne conscience. L’impression est un peu étrange. Les pubs pour les parfums côtoient les sujets de société dramatique type Je suis une ancienne anorexique et j’ai failli mourir. Elle n’est pas fun, loin de là c’est pour cela qu’il doit être le féminin le moins lu par les hommes. C’est pour cela qu’une fille qui lit Elle doit être une fille qui ne souhaite pas partager ses lectures.

Nbr de pages mode homme : 0 page (un berceau du féminisme je vous dis !)
Nbr de pages Sex : 2 pages (sur l’infidélité…)
Niveau d’agression publicitaire : agressif plus
Pages inutiles : 80%
Localisation : Paris/Aix/Bordeaux

Grazia

Grazia annonce la couleur dès la couverture « Élu meilleur nouveau magazine de l’année ». Voilà qui ne rigole pas, ça vaut au moins une légion d’honneur en 2010 ça ! On passe avec Grazia dans un truc un peu plus people, enfin beaucoup plus que les deux premiers déjà. C’est un mélange étrange entre un magazine de mode qui ne s’assume pas et des journalistes people en quête rédemption, c’est une esthétisation de l’actu people, une version de Gala sans son assistance respiratoire et sans aucun prince ni princesse. Grazia, c’est un peu l’idée qu’un magazine féminin ne peut que vieillir, qui est en quelque sorte un peu verrouillé par son lectorat. Dernier mot, Grazia c’est l’ami Silvio Berlusconi qui est derrière donc autant dire que l’hebdo n’échappe pas à la politique du fast-entertainment (ou divertissement jetable).

Nbr de pages mode homme : 0 pointé
Nbr de pages Sex : Rien
Niveau d’agression publicitaire : moyen
Pages inutiles : 40%
Localisation : Paris Bastille/Marseille Vieux-Port

Be

Récemment sorti, Be intrigue ! Je vais la faire courte. Be c’est cheap. C’est le ED du Monoprix, quasiment Leader Price. Il y a du rose partout et le graphiste doit être daltonien, je n’ai en effet pas pu regarder une page de ce magazine plus de 10 secondes sans souffrir de profonds vertiges et migraines. C’est triste. On ne sait pas si l’on est dans un magazine people ou dans un catalogue Pimkie (j’en profite pour faire un peu de pub pour la page Facebook Pimkie Gallery qui, témoin d’une époque chahutée, répertorie les accoutrements les moins classes de la capitale). En plus les photos sont mal retouchées, il suffit de regarder la couverture pour s’en rendre compte, J.Lo y est horrible. La route est longue pour que Be trouve un peu de crédibilité. Le passage qui tue : « C’est dommage que mon string dépasse toujours de mon jeans taille basse ! », se disait l’Américaine Kimberly Brewer. Alors elle inventa le patch en denim à coller sur la raie des fesses. Et son horizon s’éclaircit.
Rien à dire. Classe…

Nbr de pages mode homme : 0 page
Nbr de pages Sex : 6 pages (des témoignages)
Niveau d’agression publicitaire : faible
Pages inutiles : 45%
Localisation : Centre commercial Velizy 2

Applicable aussi à Envy

Femme Actuelle

Il s’agit du féminin le plus vendu (oui oui mon bon monsieur), mais il s’agit également du magazine que j’ai le moins assumé acheter parmi les cinq (et plus) que j’ai réclamé au kiosque. Avec Femme Actuelle, on sort clairement de la cible 15-35 ans, on parle beaucoup plus santé et mouflets. Donc autant vous dire que c’est ennuyeux au possible. Rien de fun à se mettre sous la dent, on a même peur de tomber sur une page sex car celle-ci risquerait d’aborder la sexualité des seniors libertains couplée à celle des nains homosexuels, et ça dieu sait que l’on n’a pas envie d’en entendre parler. Par contre, au regard des réactions de mes collèguEs de travail, les recettes de cuisine de FA sont plus que réclamées. Alors, cette semaine, vous pouvez préparer du saumon aux saveurs thaïes, et un carré d’agneau aux aromates. Au moins, on aura bien mangé.

Nbr de pages mode homme : 0 pointé
Nbr de pages Sex : Une double-page lingerie digne de celles de la Redoute
Niveau d’agression publicitaire : Des publi-communiqués en veux-tu en voilà
Pages inutiles : 95%
Localisation : Melun


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Commentaires

5 commentaires pour “Guide pour mec : j’ai testé les magazines féminins”

  1. Ah là tu touches à mon domaine d’expertise; ça fait 3 ans que je lis systématiquement tous les titres de presse féminine et people… C’est un peu délicat de juger sur un seul numéro. En effet certains de ces mags ont déjà fait des cahiers entiers mode homme, Elle peut parfois être aussi bien trash…

    Comme tu le dis, Femme Actuelle est un bulldozer en France, c’est de très très loin LE magazine féminin en France (enfin avec Version Femina qui pour être précis a un tirage supérieur mais comme il est offert avec la presse du dimanche, il n’est pas lu) Alors oui, en effet la visite de la maison de Véronique Genest, l’entretien des bégonias nous passe un peu à mille bornes mais ce titre n’est pas du tout à sous-estimer, c’est du lourd !

    En tout cas j’espère que tu t’es marré à les lire autant qu’à écrire ce billet bien marrant ! C’est ce qui me fait attaquer la semaine tranquillement le lundi au travail !

    Posted by Olivier S | mai 25, 2010, 23:30
  2. L’analyse (sic) n’est pas vraiment réalisée sur un seul numéro, elle est aussi basée sur mon expérience. Je ne suis sûrement pas aussi assidu que toi mais il m’arrive d’en lire régulièrement aussi. Par exemple, j’ai énormément feuilleté Femme actuelle dans ma jeunesse qui se trouvait souvent pas très loin de la table basse du salon.
    En tout cas merci pour ton commentaire (ça fait plaisir de te lire) ; )

    Posted by Julien Lacheray | mai 26, 2010, 08:53
  3. c’est clair ces revues n’ont pas vocation masculine, elles le revendiquent, tout au plus un one shoot de temps en temps.

    Posted by le taulier | mai 26, 2010, 10:07
  4. haha super ton post, je n’y connais pour ainsi dire rien au magazine féminin, mais je me suis bien marré en lisant tes lignes. D’autant que je te vois bien au kiosque en train de demandé les dites revues..

    Posted by tiopeaz | juillet 17, 2010, 11:10
  5. @Le Taulier : Parfaites pour l’été donc ! ; )
    @Tiopeaz : Je n’avais pas l’air bien malin au kiosque surtout que la plupart du temps ces magazines se trouvent devant le comptoir et que je ne les voyais pas… Le manque d’habitude surement !

    Posted by Julien Lacheray | juillet 19, 2010, 10:55

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